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 Alcool et Entourage

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lancia75

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MessageSujet: Alcool et Entourage   Mer 25 Avr 2012 - 15:39

ALCOOL ET ENTOURAGE


Etre alcoolique est une étiquette sociale (tare, vice, menteur, femme dénaturée, père ou mère indigne. Ce mécanisme va leur permettre de ne pas voir, ce qu’il représente aux yeux des autres car c’est un mécanisme inconscient (cela na jamais existé)

Il faut parler de souffrance qu’il a autour de lui afin de créer un lien.
Le déni est un besoin de se protéger.
Le malade ne veut pas voir ce que tout le monde voit et essaie de lui dire, qu’il est alcoolique plus ou moins. Il faut le connaître pour l’accepter tel qu’il est et ne pas le violenter

Que représente le mot « ALCOOL » ?

Ambiance – antidépresseur - assurance – chômage – communication – convivialité – culture – déchéance –désespoir - divorce - drogue – émotion – enfer – euphorie –évasion - exclusion – fête – honte –inceste- médicament -mensonge –misère – mort – moyen de se rassurer - oubli – plaisir – poison – prison – risques - phénomène de société - solitude - souffrance – suicide -tabou -violence

Que représente le mot « ALCOOLIQUE » ?

Malade – abandon – abstinence impossible - agressif – bestial - clochard - émotion – danger public - déchéance – déclic - déni - dépendance – dépression – destruction - détresse - ne communique plus qu’avec sa bouteille –égoïste - faible - inconscience – insécurisation - isolement –– honte – mensonge - perte d’identité - souffrance – refoulement – rejet - étonnante résistance – en rupture – solitude –– déni – méconnaissance de la maladie –taré - touche le fond – sans volonté –

Souvent il ne sait pas que c’est une maladie qui se soigne et dont on guérit
Reconnaître son alcoolisme est insupportable pour le malade. Il se défend contre l’image repoussante de lui-même.
Le malade se pose en victime pour attendrir l’autre.

Notre rôle devant l’alcoolique ?

Déversoir – exutoire – confesseur – complice – moralisateur – espoir – égalité – compréhension – déculpabilisation – épuisement
Prendre partie contre l’alcool, c’est faire de l’alcoolique un être négatif, contraire à son vécu.
L’entourage peut avoir des attitudes ambivalentes allant du sauvetage au rejet.

Que représente le CONJOINT ?

Abandon - angoisse - cache les bouteilles – cache l’argent - cause d’alcoolisation - celui qui ne boit pas - chantage - co-dépendant - crainte –culpabilité - dégoût - demande d’aide – démuni – a honte – image - incompréhension – indifférent - maternel – moralisateur –- objet – peur – souffrance - Souffre douleur – soutien - refus de boire sentiment d’impuissance– supporte l’odeur – tiraillé – tampon – s’oublie –subit – protège – séparation - soutien – tristesse –

Le conjoint va longtemps taire la réalité et refouler l’idée que l’autre est alcoolique.
Vivre avec un alcoolique c’est être confronté à ses difficultés, à ses problèmes, c’est cohabiter avec le pire. C’est vivre avec le doute, les soupçons, l’incertitude, l’ambiguïté au début quand on constate qu’il y a problème avec l’alcool. C’est le regard des autres qui vous met mal à l’aise car les autres savent peut-être. S’avouer que la personne qui partage votre vie, qu’on a aimé est devenu alcoolique heurte notre fierté. On préfère se cacher la vérité. Que de mensonges dits…

Qu’est ce que je fais ?

Je ne juge pas, j’écoute, je cadre ou je ne dis rien, j’écoute, j’évalue les risques, j’en parle.
Mais je ne dis pas que ce n’est pas de sa faute.

On distingue plusieurs sortes d’entourage :

- entourage immédiat (proches, femme, mari, enfants qui vivent avec le malade)
- entourage proche qui ne vit pas avec le malade (voisins, collègues, entreprise)
- entourage lointain (quartier, paroisse, syndicats, la société etc…)
- les associations d’anciens malades

La relation du malade avec sa bouteille est si forte qu’elle fait penser à une liaison. Le conjoint ne semble plus avoir sa place dans ce nouveau couple. Seule compte la bouteille.
Des femmes nous ont eu dit qu’elles auraient préféré que leur mari ait une maitresse plutôt que la bouteille.
Il est vrai que la bouteille a l’avantage de ne rien dire et de tout entendre car on lui en confie des choses à cette bouteille qui seule vous comprend.

Tout au long du parcours du malade alcoolique, l’entourage a vécu des épreuves objectives (nerveuses, physiques, financières, sociales) et des souffrances intérieures, des questionnements sans fin sur ce qu’il convient de faire à chacune des situations conflictuelles qui se présentent de manière imprévisible.

L’entourage s’exprime souvent comme le malade avec une agressivité ou une souffrance, tout en éprouvant au fond de son cœur divisé le désir d’un ultime espoir.
Qui ne deviendrait pas malade à la longue dans ces conditions ? Et l’entourage le devient… il est nerveux, stressé, angoissé, obsédé par l’alcool que boit l’autre (malade du « voir boire ». Il est co-dépendant et il ne le sait pas.

Les facteurs de la maladie de l’entourage sont :

- décalage constant de l’information isolant l’entourage du malade et créant une rupture de la communication
- frustrations affectives
- insécurité constante pour soi-même et ses proches
- culpabilisation
- enfermement psychologique et rupture sociale
- ambivalence constante des situations et sentiments

le tout menant a des troubles névrotiques, à une déstructuration personnelle et familiale

Ce buveur qu’il a aimé et qu’il aime encore, il hait sa violence. Il a peur qu’il se détruise mais à chaque week-end sobre, il oublie et espère. Le malade gît là blafard mais chacune de ses attitudes rappelle un bonheur passé. Sobre, il dit qu’il regrette et ne recommencera pas. C’est un cycle sans fin, fait de déchirement et d’incertitudes.
Les troubles de l’entourage sont :

L’évolution vers un repli sur soi inhibé et parfois une rupture sociale
La perte de confiance en soi, le renoncement, réagir dans une sensation d’impuissance
Une certaine perte d’identité, perte des valeurs personnelles
Diminution des rythmes vitaux propres et l’entrée en co-dépendance
Phobies diverses
Crises paroxystiques) à partir d’un « ras le bol »
Dépression

Les enfants ont mal de voir leur père ou leur mère (ou les deux) se détruire. Ils ne peuvent pas exprimer leurs souffrances enfouies au fond de leur cœur. Ils n’ont pas de copains car ils ne peuvent les inviter craignant le pire. Ils vivent parfois des scènes pénibles, entendant des paroles blessantes. Ils se sentent délaissés et ne pensent plus être aimés. Pour l’enfant, l’attitude à l’égard de l’autre parent est le plus dur à supporter.

Les enfants ont parfois des répercussions :
- retards psychomoteurs et déficits d’attention
- troubles affectifs dont l’immaturité
- retards scolaires (plus de 50 %)
- fuites familiales (fugues, mariages précoces)
- troubles caractériels, petite délinquance
- conduite d’addictions précoces

L’entourage subit également des répercussions physiologiques (ulcères, tension, asthme, eczéma, psoriasis, maux de tête, etc.) Lorsque le malade est parti en cure, l’entourage subit une décompression. Il veut se reposer, dormir, ne plus penser ou ne plus entendre parler d’alcool. Il a besoin qu’on l’aide, qu’on l’entoure car parfois il déprime car il n’a plus la pression, la surveillance du malade, il y a un vide qui se crée.
Doit-il rester en contact avec le malade ? Cette démarche sera prise en accord avec le médecin, si besoin. Les semaines passent comme un éclair, le retour est proche. Il ne faut pas relâcher son effort de disponibilité en faveur d’un malade qui est seulement convalescent. Le malade a peur des automatismes qui l’amèneraient à reboire.

Il lui faut retrouver un sens à la vie, sans alcool.

La situation devient tellement intolérable qu’on en arrive à une séparation provisoire ou définitive (divorce). Cela provoque parfois le déclic, mais ce n’est pas toujours une réussite car les soins sont pour récupérer sa famille.

Plus l’entourage souffre moins il est capable d’aider le malade parce qu’avec le temps, il s’épuise et n’y croit plus car le malade a tant de fois promis d’arrêter…
Le malade alcoolique met un certain temps avant de prendre conscience qu’il a un problème avec l’alcool. Le temps de prise de conscience est de l’ordre de 5 à 10 ans car chacun est différent.
Le malade a mis des années avant de se faire soigner, il ne peut donc demander à son entourage de lui redonner la confiance en quelques jours. Cela crée beaucoup d’incompréhension.
Il surveille le malade, il a peur pour lui et le contrôle sans cesse. L’entourage doit faire à la place du malade pendant tant d’années. Le conjoint se sent seul avec de lourdes responsabilités familiales.
Le malade ne peut s’en sortir seul avec simple volonté, il a perdu toute liberté de consommer de l’alcool. Pour l’amener aux soins, on fera jouer la carte des relations.
Après les soins, il doit réapprendre à vivre pour lui et son entourage il faut que chacun reprenne sa place normale dans la vie courante.
Pour les enfants dont la mère est alcoolique, ils disent qu’elle est fatiguée ou malade. Malade de quoi ? Ils n’osent pas poser la question. Elle n’est plus comme avant, mais ils ignorent la raison. Elle veut être seule

La souffrance du voir boire engendre la honte. L’adolescent fuira la maison ou s’isolera.
La relation entre le malade et sa famille est soit conflictuelle soit indifférente à leur égard. Certains ont une relation d’assistés avec leurs familles. Le malade perd sa dimension humaine. La personne alcoolo dépendante ne vit plus au même rythme que les autres. Il réagit et organise sa vie en fonction de l’alcool et ne participe plus à rien.
Par honte ou par ignorance, la famille nie l’alcoolisme du malade, qui s’en trouve renforcé.

Les malades ne souhaitent pas que la famille s’occupe d’eux en période de soins. Cela peut s’expliquer par la redécouverte du bien-être qui s’est opéré dans leur corps et dans leur esprit. Ils ont besoin d’apprendre à vivre avec cette nouvelle identité.
Il souhaite rester seul lorsque la relation qu’il entretenait avec sa famille était celle d’un assisté et conflictuelle. Il a honte de ce qui s’est passé. La famille a parfois surprotégé le malade ce qui ne lui a pas vraiment rendu service. Elle a caché l’image négative du malade lui-même et à ses enfants. La méconnaissance de la maladie a fait que la famille a cru que ce moyen de défense était la seule solution pour se protéger. Il faut éviter d’infantiliser le malade en le considérant comme un être incapable de gérer sa vie. Le conjoint a tendance à programmer sa vie en fonction du malade alcoolique. Il faut apprendre à construire sa vie sans le malade.

Chacun doit parvenir à ne plus attendre de l’autre.

Parfois, on constate un rejet total de la famille vis à vis du malade. Cela peut arriver après une longue tentative d’aide

Certains conjoints gèrent difficilement la guérison du malade. La femme qui a surprotégé son mari alcoolique se sentira responsable de lui et sera valorisée par le voisinage. Après les rôles s’inversent. Elle devient « madame tout le monde » alors qu’il redevient quelqu’un de respectable. Il est important que la famille fasse confiance au malade pour que celui-ci persévère dans son abstinence. La famille a tendance à avoir peur que le malade reboive et vienne compromettre la nouvelle vie qu’ils entament. Le malade est questionné sur sa journée, où il était, ce qu ‘il a fait. La suspicion risque de le condamner. Il va en déduire qu’on n’a pas confiance en lui.

Durant les soins, le malade aura appris qu’il se soigne non pas pour sa famille mais pour LUI.
Il va apprendre à dire JE
C’est parfois l’entourage qui fait que le malade reboit.

2 pièges sont tendus par le malade à l’entourage :
- le déni
- la relation parents-enfants

Le déni est un besoin de se protéger.
Il faut parler de souffrance qu’il a autour de lui afin de créer un lien. Le malade alcoolique est un enfant, qui le verre à la main, promet de s’arrêter demain. Demain j’arrête, l’alcoolique c’est l’autre
Ne pas lui parler d’alcool. Il faut parler de ses émotions, de ses inquiétudes.

La rechute n’est pas toujours facile à accepter par la famille. Il s’agit parfois de la seule issue possible au malade pour ne pas mourir (suicide).

La famille ne doit pas faire référence au passé afin de donner à la personne une chance de changer.
Ne pas boire d’alcool en sa présence est une marque de respect pour lui surtout dans les premiers mois d’abstinence.
En fonction de son propre vécu, l’entourage doit :

a) Déculpabiliser
b) Rester disponible au malade et émettre de la confiance
c) Arrêter le circuit obsessionnel, rompre les cercles fermés :
- de l’enfermement e et de la rupture sociale
- de la perte de communication
- de l’irresponsabilisation du malade
- de la violence et de la morbidité
d) Prendre de la distance :
- émotionnellement
• ne plus dramatiser
• savoir se réserver des instants agréables à soi
- mentalement
• c’est son affaire
• quel est mon essentiel à moi
- socialement
• reprendre une vie sociale, se reconnaitre le droit à une indépendance, comme tout être normal
e) Rétablir des rythmes de vie dans la famille
f) lLentourage doit-il être abstinent ?
- l’entourage doit marquer sa solidarité avec le malade (en essayant de s’arrêter de boire, il verra comme c’est dur
même pour un non dépendant)
- le malade doit s’en sortir pour lui même et en toutes circonstances, il y aura toujours autour de lui
- éviter de boire de l’alcool devant le malade au début
- ne rien changer à ses habitudes

Il faut contribuer à reconstruire une structure familiale saine.

Entreprendre une thérapie individuelle ou de groupe.
Le malade doit donner une direction positive, un sens à l’ensemble de sa vie.
C’est l’entourage qui affronte le problème qui devra trouver la solution adéquate à son cas qui est chaque fois unique

Entourage professionnel

Le malade croit que son entourage professionnel ne sait pas qu’il boit car il ne consomme pas sur son lieu de travail. Il n’a pas de problème nous dira-t’il, il assure sa production. Ce ne sera pas l’avis du chef. Mais le matin, il arrive il n’a pas un taux d’alcoolémie à zéro. Ses gestes sont moins surs. Il est agressif, on ne peut lui parler.
Il aura une étiquette « d’alcoolo »
Parfois tout le monde sait et protège le malade alcoolique, on le cache.
Personne n’ose aborder le problème craignant sa réaction.
Une fois soigné, tout le monde lui dira : « c’est bien ce que tu as fait »
Dans certains secteurs, de l’entreprise il y a de l’alcool. Ce sera dur pour lui de dire aux copains ‘Je ne bois plus, je me suis soigné’
La qualification, la promotion mettront des années à venir car il avait une étiquette d’alcoolo, dure à effacer car elle vous colle à la peau.
On pourra lui confier des travaux plus importants, solliciter son avis. Les supérieurs, les collègues sont capables de comprendre le chemin parcouru.

Associations
Les témoignages des autres vont l’aider. On lui a tendu la main, il pourra en retour, la tendre aux autres. C’est cela l’amitié.
Le conjoint apprend à améliorer l’atmosphère familiale et à reprendre confiance en lui.
Il faut vivre avec le malade, vivre sans le malade en s’acceptant soi-même et laisser vivre le malade sans lui donner de conseils et en tenant compte de ses besoins.
Lorsqu’ils ont rechuté, ils viennent avec une certaine honte car ils vivent un échec. Ils ont l’impression d’avoir trahi le groupe.
Il nous faut dédramatiser cette ré-alcoolisation pour leur permettre de reprendre confiance.
Il faut apporter de l’attention à la personne et la considérer comme un sujet responsable.
Nous concevons que parler du passé peut parfois être bénéfique et faire progresser.
Il ne faut pas toujours répondre présent aux demandes du malade car il ne semble dépendre que de nous. Il doit aussi se prendre en charge
Nous tentons de réconforter les personnes.
Après des mois d’abstinence, il pourra avoir des responsabilités au sein de l’association ce qui le confortera dans sa guérison.
De toute façon, il n’y a pas de recette miracle car les situations sont toutes différentes. Seule l’abstinence totale et définitive est l’instrument de la liberté. Ce n’est pas une fin en soi mais une étape vers le mieux être. Nous devons tous apprendre à vivre autrement après les soins. Mais la vie est une renaissance
La maladie a détruit beaucoup de choses mais la guérison nous en apporte d’autres différentes.
Le temps estompe l’obsession de la rechute tant redoutée les premiers mois.

L’abstinence demeure son affaire personnelle.
Nous devons les soutenir par notre compréhension, notre amour, notre persévérance.
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